Séminaires du Laboratoire |

Atelier des doctorants

Présentation

L'atelier des doctorants du LAS se veut un espace de recherche et d'échange convivial pour les masterants, les doctorants, et les autres membres du laboratoire. Il est également ouvert à tous les étudiants venus d’autres centres de recherche qui souhaitent y participer.

L’objectif principal de cette initiative est d’échanger sur nos recherches respectives, quelle que soit l'avancée de nos travaux et de notre réflexion (les masterants et les tout jeunes doctorants sont également sollicités). Il s’agit de créer une cohésion au sein de la communauté d’étudiants et de jeunes chercheurs du LAS. En effet, partant du constat que les masterants et les doctorants n'ont pas d'espace privilégié de rencontre au sein de leur centre, qu'ils se trouvent très souvent isolés dans leurs recherches mais aussi dans leur vie étudiante, nous  souhaitons fédérer un réseau d’entraide, de dialogue et de partage autour de notre activité de recherche en sciences sociales et des intérêts communs qui en découlent. Son ambition est de produire un cadre pour l'exercice d'une intelligence collective qui puisse compléter les recherches individuelles de chacun, sur sa propre matière. 

L’année précédente, l’accent avait été mis sur des formes de recherche et de relations personnelles au terrain. L’objectif était alors d’aborder le travail du chercheur et sa place. Cette année, nous maintenons cette idée de partager du « cru » plutôt que du « cuit », des questions en suspens plutôt que des solutions gravées dans le marbre. En somme, nous vous proposons de venir présenter vos projets de recherche, esquisses d'articles, de chapitres de thèse, de communications pour des colloques ou des séminaires, afin d’en discuter ensemble en vue de tester et de faire avancer nos travaux respectifs. La régularité des séances est essentielle pour impulser une vraie dynamique de recherche et de réflexion collégiale. Chacun participe aux avancées des recherches des autres, que ce soit en apportant du matériel à discuter, ou en discutant le matériel des autres.

Les thématiques de chaque séance sont décidées en fonction des besoin et des propositions.

 

Les discussions entamées lors de l’atelier seront ensuite poursuivies de façon informelle autour d’un verre dans un café aux alentours.

 


Informations pratiques 

Deux lundis par mois de 18h à 20h (voir calendrier ci-dessous), l'atelier aura lieu dans la salle de lecture de la bibliothèque Claude-Lévi-Strauss au Collège de France (3 rue d'Ulm, 75005 Paris). Pour recevoir des informations précises, inscrivez-vous sur la mailing-list en écrivant aux organisat-rices/-eurs.

Contacts

Paul CodjiaHiav Yen Dam, Sébastien Donsez , Raphaël Julliard, Anastasia Krutikova et Stéphanie Tselouiko.

Calendrier 2016-2017

  • Lundi 7 novembre 2016 : séance de rentrée.
  • Lundi 21 novembre 2016 : Plan de thèse

Stéphanie Tselouiko (doctorante EHESS/LAS - Université Fédérale de São Carlos (SP, Brésil) :

Son travail concerne les Xikrin de la Terre Indigène Trincheira Bacaja - TITB (Pará, Brésil). La TITB est marquée par des transformations d’ordres politique, économique et écologique sans précédents avec la construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte. Dans ce contexte, avec une circulation toujours plus importante de personnes et de biens (objets, marchandise, savoirs, religion, etc.), les champs relationnels des Xikrin s’élargissent au « monde extérieur », les frontières de tout type, physiques, ontologiques, politiques, etc., se (re)définissent. Le milieu se transforme également par la création de nouveaux villages, ce qui modifie les rapports des individus entre eux et avec le territoire, modification d’autant plus visible durant les activités de subsistance (chasse, pêche, cueillette, horticulture). L’objectif de sa recherche est d’étudier les modes de relation que les Xikrin de la TITB entretiennent aujourd’hui avec leur milieu et les divers existants qui le peuplent, au quotidien et durant les rituels. Dans les conditions actuelles, il s’agit de comprendre en particulier comment les savoirs, savoir-faire et savoir-être écologiques des Xikrin s’insèrent dans le système de gestion collective de la biodiversité, et quelles sont les implications de cette gestion dans la (re)production de Personnes Mebengokre-Xikrin et de la société Mebengokre-Xikrin dans son ensemble.

  • Lundi 12 décembre 2016 : Problématique et méthode.

Else Audren (M2 EHESS) : "De nouveaux entrepreneurs en Amazonie colombienne"

Résumé : Araracuara, situé dans le nord-ouest amazonien sur le fleuve Caqueta en Colombie au sein de la réserve Aduche de Andoque, est aujourd’hui un lieu multi-ethnique où cohabitent uitotos, muinanes et andoques. Lors de mon terrain, j’ai pu observer l’institution d’une nouvelle politique économique d’extraction minière qui n’est pas sans rappeler l’époque d’exploitation du caoutchouc du début du XXème siècle. Toutefois, les initiateurs et futurs entrepreneurs en sont désormais les Andoques eux-mêmes. Parmi ces derniers, se trouvent certains métis andoques-péruviens, descendants du dernier exploitant de caoutchouc avec lequel travaillèrent les Andoques il y a cinquante ans. A l’heure de l’implantation de cette nouvelle activité extractive à l’initiative d’un peuple autochtone, il s’agira de comprendre les relations inter et intra-ethniques actuelles à l'aune de celles créées durant l’exploitation du caoutchouc. Dès lors, une série de questions se poseront concernant la mobilisation de la mémoire au service de la construction du présent.


Joaquin Ruiz Zubizarreta (doctorant EHESS/LAS): "Personne, corps et animisme chez les Mbya-guaranis : Quelles implications dans la mise en œuvre des droits des peuples autochtones ?"

Résumé : Il a été signalé que le concept de sentiment d’appartenance, important juridiquement pour déterminer le statut des peuples autochtones et leurs droits territoriaux n’a jamais été questionné, comme si ce sentiment aller de soi et ne nécessitait aucune analyse (Gutierrez Estevez et Surrallés, 2015 : 11-12). L’élaboration du droit des peuples autochtones implique que les États soient confrontés « au défi du pluralisme juridique » (Otis, 2013) c’est-à-dire à l’intégration dans le droit des spécificités propres à une socialité de type animiste, caractéristique de certains collectifs autochtones. Il émerge ainsi des débats sur le statut juridique des non-humains qui peuplent le territoire. Ma recherche voudrait décrire les conceptions locales de la personne chez les Mbya-guarani dans leur rapport au corps afin de rendre compte des relations humains / non-humains et d’analyser ce sentiment d’appartenance au territoire.

  • Vendredi 6 janvier 2017 : Entre deux terrains

Nicolas Bureau (doctorant EHESS/LAS) : "Surveiller ou élever ?"

Résumé : Les Évènes, éleveurs de rennes des massifs de Verkhoïansk en Iakoutie (Fédération de Russie), pratiquent une forme d'élevage extensif spécifique. Celle-ci les amène à avoir des interactions et des relations particulières vis-à-vis de leurs animaux et de l'environnement. La réflexion ici proposée vise à identifier les contraintes et les difficultés des éleveurs, ainsi que leur rôle à l'égard des troupeaux. Par ailleurs, cette présentation ponctue un terrain en cours et me permettra de vous exposer mes pistes de réflexion et les difficultés du terrain, afin de bénéficier d'un temps d'échange avec vous.

  • Lundi 16 janvier 2017 : Avant de partir sur le terrain, définition des objets conceptuels de recherche

Eliran Arazi (doctorant EHESS/LAS) : "Comment définir nos objets conceptuels de recherche avant de partir sur le terrain ? La notion de pouvoir comme base de ceux d’honneur et de honte chez les Cabiyari (Amazonie colombienne)"

Résumé : Avant même de partir, nous sommes bien souvent amenés à donner des définitions, bien que provisoires, des notions et concepts clés que nous souhaiterions soumettre à l’épreuve du terrain. Mon projet de recherche vise à examiner les concepts d’honneur et de honte chez les Cabiyari du nord-ouest de l’Amazonie (Colombie). Lorsque je soumets un projet de recherche, j’essaie de définir le concept de pouvoir, qui, pour moi, permet de comprendre les enjeux sociaux liés au principe d’honneur et au sentiment de honte. Les définitions de la notion de pouvoir varient selon l’époque, les cas d’étude ainsi que les prémisses politiques et idéologiques de celui qui l’utilise. Je souhaiterais examiner, au cours de cette séance, celles qui me paraissent pertinentes pour ma recherche, discuter leurs limites, et bénéficier des retours et de l’expérience des autres participants : comment ce concept pourrait-il être défini à partir de leur propre terrain ?

  • Lundi 23 janvier 2017 : Services et outils informatiques offerts par le LAS aux doctorants

Nous recevrons Anne Garcia-Fernandez (ingénieur de recherche, CNRS/LAS), qui nous fait le plaisir d’accepter de nous présenter les services informatiques offerts par le Laboratoire d’anthropologie sociale. Ce sera l’occasion de mieux les connaître et d’apprendre à les utiliser.

Cette séance portera notamment sur le WikiLAS (http://mead.college-de-france.fr/wiki/index.php/Accueil), un des outils mis en place sur le serveur mead (http://mead.college-de-france.fr/), par Anne Garcia-Fernandez. Il permet d’accéder à et de partager des informations, de créer des cartes de visites, mais aussi d’échanger entre doctorants grâce à l’espace doctorants. L’accès à cet espace nécessitant l’ouverture d’un compte, il est vivement conseillé de le faire, dans la mesure du possible, avant la séance.

En outre, chaque doctorant dispose d’une page personnelle sur le site du LAS et a la possibilité de la modifier et de la mettre à jour lui-même. Pour ce faire, il vous faut envoyer un mail à webmestre.las@college-de-france.fr, afin de demander votre identifiant et votre mot de passe.

  • Lundi 6 février 2017 : De l'usage des auteurs de référence dans sa thèse

Raphaël Julliard (doctorant EHESS/LAS) : Peut-on contourner un auteur incontournable?

Mon projet d'anthropologie de l'artiste contemporain m'amène à explorer les domaines de l'histoire de l'art et de la psychologie, que je traite comme des terrains. Sir Ernst Gombrich est un historien de l'art, auteur de l'ouvrage L'art et l'illusion (1962), sous-titré "psychologie de la représentation picturale". À la lecture de ce livre, nombre d'éléments ont permis d’alimenter ma recherche, mais d'autres entrent en opposition avec ce que je développe par ailleurs. En particulier, Gombrich se positionne pour l’étude des œuvres d'art « du point de vue d’un spectateur », alors que mon projet consiste à définir « le point de vue de l’artiste ». Plus précisément, je m’intéresse au rapport écologique (Gibson 1979) qu’entretient l’artiste avec ses œuvres (relation dynamique humain-objet) et non aux œuvres d’art prises dans un récit long (relation historique objet-objet).

Étant donné que Gombrich, du moins pour les historiens de l'art, est une référence incontournable, je ne peux pas faire l'économie de restituer ses idées et de le critiquer. J'exposerai deux stratégies que j'ai mises en place pour me positionner vis-à-vis de cet auteur, en vue d’ouvrir une discussion méthodologique avec les participants de l’atelier sur la place à accorder aux auteurs incontournables dans sa thèse.

  • Lundi 20 février 2017 : Choix du terrain

Simon Gérard (masterant EHESS / LAS) : Culture du corail ou nids comestibles : un cadre théorique pour​ deux potentiels terrains aux modalités d'enquête différentes. Comment choisir ?​
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Afin de clarifier les enjeux conceptuels et la faisabilité d’un futur travail ethnographique, je présenterai deux ensembles de pratiques soulevant des problématiques théoriques comparables. Le premier cas est la culture du corail en aquarium, pratiquée par des amateurs ou professionnels dans un cadre non-scientifique aux États-Unis. Le deuxième est celui de la production de nids d'oiseaux comestibles en Indonésie, qui passe par la construction d'immeubles de béton dans lesquels de nombreux dispositifs techniques visent à leurrer les oiseaux pour ensuite s'approprier leurs nids. Ces deux exemples abordent chacun la question des interactions entre valeur capitaliste et relations écologiques. L'un des enjeux théorique principal est alors de se demander comment des stratégies de production de valeur interagissent avec des processus vitaux créateurs de formes de vies.
Ces deux situations qu'il s'agit de transformer en objets d'étude, impliquent toutefois des modèles d'enquête très différents. A priori dialogique et multi-sites pour les coraux, participante et pragmatique pour les nids. Ces deux situations représentent deux trajectoires futures très différentes pour l'étudiant devant choisir entre l'une d'entre elles. Je souhaite discuter des questions que pose un tel choix, en espérant que les deux exemples ici explorés susciteront la discussion de par leur similarités et différences avec les travaux et parcours des étudiants présents à l'atelier.
 

  • Séances suivantes :

    • 06/03 ; 20/03 ; 27/03; 03/04 ; 24/04 ; 15/05 ; 29/05 ; 12/06 ; 19/06.

Les archives des années précédentes sont disponibles ci-dessous.

Dernière mise à jour le 17/02/2017   
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