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Atelier des doctorants

Logo de l'atelier des doctorants du LAS


Présentation atelier                                     

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Pour l'année académique 2018/2019, l’Atelier Des Doctorants Du Las reste un lieu d'échange convivial entre doctorants, masterants et membres du laboratoire, en proposant deux types de présentations.


Dans un premier temps et dans la continuité de l’année dernière, l’accent est mis sur des problèmes méthodologiques auxquels les doctorants sont confrontés aux différentes étapes de leurs enquêtes. Il s'agit d'un espace pour aborder les marges du travail de doctorat où hypothèses, questions, doutes peuvent être abordés et soumis dans leur fragilité à l'expérience des autres participants. L’année dernière, de nombreux doctorants ont partagé leurs réflexions sur l’expérience du terrain vécue, les moyens de faire face aux limites du terrain et d’affiner les problématiques après le retour. Pourtant, cette axe méthodologique n’est pas limité aux réflexions issues du retour de terrain. Toute question permettant de dégager les aspects de la fabrication de la thèse qui dépassent les thématiques propres étudiées par chacun, et qui donc nous concernent tous. Prendre connaissance des thématiques des autres permet également d'opérer des esquisses de croisements entre celles-ci, c’est-à-dire le début d'une opération essentielle de l'anthropologie : la comparaison. Cela permet de plus de devenir, en dehors de l'atelier, entre nous, des interlocuteurs de prédilection, pour continuer à élaborer, tester des idées sur le long terme. La présentation dure environ 30 minutes et le format reste libre.


Dans un deuxième temps, l’atelier propose cette année d'intégrer un second axe de travail consistant en un espace de discussion sur la théorie anthropologique et ses applications. Cet espace nous permettra de revisiter une série de travaux fondamentaux de l'anthropologie sociale et de discuter de leur application concrète à des recherches en cours. A chaque séance, un/e doctorant/e est invité à choisir et présenter un ouvrage (ou un essai ou un ensemble d'outils conceptuels) de la théorie anthropologique qu'il/elle mobilise dans ses propres recherches, pour ensuite montrer un exemple de l’application de cette “boîte à outils” à un cas concret tiré de son expérience ethnographique ou de la construction théorique de son sujet de recherche. La présentation de 40 minutes sera suivie d'une discussion avec les participants en vue de créer un espace collectif d'analyse et réflexion où tous pourront partager leurs propres expériences en écho avec la thématique proposée.


Ces présentations sont prévues pour être courtes de sorte à laisser un large espace aux questions, discussions, commentaires des participants, en lien avec leurs propres expériences. Les discussions entamées lors de l’atelier seront ensuite poursuivies de façon informelle autour d’un verre dans un café aux alentours.

 

 


 
Informations pratiques
Deux lundis par mois de 18h à 20h, l'atelier aura lieu dans la salle de lecture de la bibliothèque Claude-Lévi-Strauss au Collège de France (3 rue d'Ulm, 75005 Paris). Pour recevoir des informations précises, inscrivez-vous sur la mailing-list en écrivant aux organisat-rices/-eurs.
 
Organisation
Si vous souhaitez rejoindre l'équipe organisatrice, n'hésitez pas à nous écrire.
 

Programme 

lundi 19 novembre  - présentation du séminaire

lundi 3 décembre - Raphaël Julliard, LAS (axe 2)

"Pour étudier la dynamique de la création en art contemporain, je m’appuie sur celle que décrit l’anthropologue française Jeanne Favret-Saada dans ses ouvrages Les Mots, la mort, les sorts(1977) et Désorceler(2009). Je m’emploierai donc pour cette séance à présenter le rituel de désorcèlement dans le bocage normand et à en pointer les similitudes et différences avec la création artistique plastique. C’est en particulier le système de changement de position autour de la production d’un objet paradoxal qui permettra le rapprochement".

lundi 17 décembre  - Joaquin Ruiz Zubizarreta, LAS (axe 1)
 
"Lors d'une première et courte expérience de terrain chez les Mbya-guarani nous avons entendu dire que certains animaux boivent du maté. Nous sommes ensuite parti pour une deuxième fois sur le terrain pour suivre cette idée de ‘culture’ des animaux. Ce qui nous interroge le plus aujourd'hui, au-delà de l’idée selon laquelle les non-humains partagent la culture avec les humains, ce sont les circonstances dans lesquelles elle est mobilisée : lors des petits discours prononcés entre autochtones en défense du mode de vie mbya-guarani. Les dirigeants s’adressent aux membres de la communauté en leur réclamant de ne pas adopter les coutumes des non-autochtones, qu’il ne faut pas changer de ‘culture’ à l’instar des certains animaux qui n’en changent pas. Dans leurs relations avec les non-autochtones, les Mbya-guarani ont un tout autre discours politique. Les discours sur la ‘culture’ des non-humains, n’ont pas leur place dans le rapport politique avec les non-autochtones, soit avec leur proches voisins métis, l’État ou les organisations. 
En plus de nous demander comment se construisent les frontières au-delà desquelles les discours sur le la culture des non-humains ne sont pas mobilisés, on se penchera sur les situations dans lesquelles l'idée a été énoncée lors de notre expérience de terrain".

lundi 14 janvier  - Clara Quintille-Pinol, LAS (axe 1), « Les kibboutz urbains d’Israël : refondation d’un mouvement collectiviste agricole en milieu urbain ». 

lundi 28 janvier -  Sonia Polliere, LESC (axe 1), « Le séisme et l’énergie éolienne dans les discours des pêcheurs huave de l’Isthme de Tehuantepec, Oaxaca, Mexique  ».

« En 2017 les parcs éoliens implantés dans la région de l’Isthme de Tehuantepec sont 28, pour une puissance totale de 2200 MW. Avec la création des Zones Economiques Spéciales en 2017, le gouvernement décrète l’installation de 118 projets, dont 24 sont déjà avancés. A partir de données de terrain recueillies avant et après le séisme du 2017 dans la communauté des ikoots (huave) du village de San Francisco del Mar, on s’attachera aux modalités d’interprétation de l’expérience du tremblement de terre. Pour ce faire, on mettra en évidence comment s’articulent, dans les pratiques discursives, les discours « écologiques » de certains groupes qui s’opposent à l’accès aux ressources naturelles et qui révèlent une désignation de positionnement en terme de connaissance de l’environnement qui peut se traduire en tant que discours de réappropriation de l’espace ».
 
lundi 18 février - Mathilde Heslon, CESPRA (axe 1), « Pratiques des jeunes en situations d'afflictions dans le récent département français de Mayotte : rituels de possession, Islam et institutions sociales ».

« A la fin de mon second terrain de recherche sur les jeunes à Mayotte, deux psychologues travaillant en institutions sociales m'ont interpellée sur une phénomène qui les surprenait : alors qu'elles donnaient des rendez-vous thérapeutiques à des jeunes filles violées (souvent dans le cadre d'une procédure judiciaire), c'était leurs mères qui venaient en consultation afin d'exprimer leurs souffrances concernant le viol de leurs filles. Les jeunes filles violées pouvaient aussi être mises à la porte de la maison par leurs mères, et d'autres exprimaient leur désespoir de ne plus être vierges et donc de ne pas pouvoir réaliser un Grand mariage. Grâce à des entretiens et à des observations de rituels, du système d'héritage et des nouvelles institutions françaises, nous avons pu éclaircir les relations qui se tissaient entre mères et filles dans cette société uxori-matrilocale de filiation indifférenciée. Mais cela n'a pas suffit pour comprendre toutes les situations exposées par les psychologues puisque trois interrogations persistent : comment analyser la place d'un sujet dans le collectif ? quelles limites entre le "culturel" et le pathologique ? et enfin comment faire discuter de façon pertinente l'anthropologie et la psychologie ? Je souhaite donc profiter de l'atelier pour développer cette enquête de terrain ainsi que pour tenter d'apporter des réponses aux problématiques qui en découlent ».

 

 

 

Les archives des années précédentes sont disponibles ci-dessous.

Dernière mise à jour le 23/02/2019   
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