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Fonds AXA
Répresentations sociales des pathogènes aux frontières entre les espèces

Ce projet, soutenu par le fonds Axa pour la recherche, vise à comparer les perceptions et les représentations des pathogènes passant des animaux aux humains dans des sociétés et aires culturelles différentes. A partir de crises sanitaires qui touchent les élevages traditionnels ou industriels, il s’agit d’étudier les façons dont les éleveurs, et plus généralement ceux qui vivent en contact avec les animaux, assimilent des mesures de santé publique souvent coûteuses pour l'économie rurale. L'hypothèse, soumise à l'épreuve du terrain, est que les rapports de proximité et de distance entre les humains et les animaux ne dépendent pas du seul facteur écologique, mais aussi de représentations des rapports entre humains et non-humains. En étudiant ces représentations séparément, il devient possible de voir comment elles se transforment lorsque les conditions écologiques et économiques changent, par exemple dans le passage du nomadisme à la sédentarité, ou dans l'intensification de l'élevage pastoral. Cette anthropologie comparative des zoonoses vise donc à la fois une participation aux mesures de santé publique et un renouvellement de questions théoriques sur les relations entre humains et animaux.

L’équipe, dirigée par Frédéric Keck, est composée de trois post-doctorants qui mènent chacun des enquêtes de terrain en Australie, au Laos, et en Mongolie, à partir d’une démarche et d’une méthodologie communes. Les enquêtes s’appuient sur les travaux de Philippe Descola (2005), notamment la mise en évidence de quatre schèmes fondamentaux ou matrices ontologiques (l’animisme, le naturalisme, le totémisme et l’analogisme) régulant les rapports homme-environnement. Il ne s’agit pas pour autant de suivre ce modèle per se, ni de chercher à appliquer à chacune des aires culturelles étudiées une ontologie propre. Ces travaux apparaissent cependant propices à la démarche comparative entreprise, car ils permettent de mettre sur un même plan différentes manières de s'identifier à la nature (dont découlent plusieurs schèmes de relations avec les non humains) dans des contextes donnés.

Sur le terrain, les thématiques explorées sont les suivantes : intériorité/physicalité des êtres, frontière sauvage / domestique et circulation des pathogènes, mort des animaux (traitement des carcasses).

Il s’agit de s’intéresser localement à l’ontologie et aux rapports aux non humains en interrogeant les maladies qui touchent les animaux (prévention, traitement, causes). Il s’agit également de comprendre l’impact des politiques sanitaires en place. Quelle est la place des populations locales dans l’élaboration et la mise en place de ces politiques ? Dans quelle mesure modifient-elles le rapport que ces populations ont avec les animaux ?

Les enquêtes visent à produire des données à la fois qualitatives et quantitatives à partir d’un questionnaire commun, en vue de la rédaction d’un article collectif.

Les travaux portant sur ce thème sont également discutés à l'occasion du séminaire de l'équipe Relations hommes/animaux : questions contemporaines.

 

Un colloque a lancé l'organisation de ce projet : "Zoonoses and emergence of new infectious diseases: when biology meets anthropology".

Chercheurs associés

Muriel Figuié (Asie du Sud-Est)

Nicolas Fortané (Europe)

Stephen Hinchliffe (Europe)

Christos Lynteris (Asie centrale)

Nicolas Lainé (Asie du Sud-Est)

Arnaud Morvan (Australie)

Natalie Porter (Asie du Sud-Est)

Sandrine Ruhlmann (Asie centrale)

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Laboratoire d'Anthropologie Sociale
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