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GDRI APOCAMO2 : Que veulent les Amérindiens ? Configurations socio-spatiales, enjeux politiques et débats ontologiques en Amazonie occidentale

Coordinateur : Alexandre Surrallés

Ce groupe international de recherche du CNRS, piloté par le LAS UMR 7130, vient renforcer la réflexion sur la recomposition des espaces et la dynamique des identités, ainsi que la diffusion de nouvelles conceptions et formes d’action politique au sein des communautés indigènes et paysannes d’Amazonie occidentale. Ce groupe de recherche APOCAMO2 (2016-2019) poursuit les recherches développées sous un autre angle par APOCAMO1 (2012-2015). Il associe plusieurs institutions et centres de recherche en France (LESC UMR 7186, LAS UMR 7130, IFEA USR3337), en Colombie (Université Nationale de Colombie à Bogota et à Leticia), au Pérou (Université Catholique du Pérou PUCP), en Équateur (FLACSO) qui développent tous une anthropologie politique du mouvement autochtone. Outre les récentes publications du numéro spécial du Bulletin de l’IFEA, En el río del Maíz (Madre de Dios). Homenaje a Bernard Lelong et de l’ouvrage collectif intitulé Apus, caciques et presidentes (Lima, IFEA, IWGIA), le GRDI a organisé nombreux colloques dans plusieurs pays de l’Amérique du Sud.

 

Programme de recherche

Depuis maintenant trois décennies, les sociétés indigènes d’Amazonie andine occupent sur l’échiquier politique un rôle de plus en plus actif. Leurs organisations et leurs leaders entrent en force dans la politique nationale, accédant parfois aux plus hautes représentations de l’État. Ces mêmes organisations deviennent également les acteurs principaux dans des centaines de conflits dits « environnementaux » qui secouent la région andine, contre les entreprises et les appareils d’État. Toutefois, leurs motivations et leur projet politique restent ambigus, et leur rhétorique complexe. Elle ne se résume pas en tout cas à une demande d’un surcroît de citoyenneté comme cela a été parfois trop hâtivement affirmé. « Que veulent les Amérindiens ? » se demandent l’opinion publique, les instances locales, internationales et multilatérales. En effet, une série de questions s’impose : que revendiquent au juste les Amérindiens ? Quels sont la nature et les objectifs des mouvements indigènes ? Quelles sont les conditions que ces mouvements mettent en avant pour intégrer les minorités qu’ils représentent ? Dans quelle mesure obligent-ils les États à revoir leurs fondamentaux et à s’adapter aux nouvelles configurations ? Par ailleurs, du fait des enjeux écologiques majeurs que représente aujourd’hui l’Amazonie, leurs revendications politiques trouvent également, sur la scène internationale, un écho inattendu. De plus, les droits des peuples autochtones – depuis la Déclaration de l’Assemblée des Nations Unies de 2007 – rencontrent la plus haute reconnaissance multilatérale : le système des droits de l’homme des Nations Unis. Ce phénomène de « politisation » des mouvements indigènes, par les indigènes eux-mêmes, s’observe dans tous les pays andins avec des particularités et des intensités variables. Le présent projet a pour objectif d’analyser de manière comparative un tel processus, en essayant de faire affleurer les spécificités propres à chaque pays (Pérou, Équateur, Bolivie, Venezuela et Colombie en particulier), et la façon dont s’y déplacent désormais les frontières du politique. Ce projet vise également à analyser les logiques historiques et sociales que ces processus entraînent au sein de communautés indiennes aux valeurs culturelles contrastées. L’hypothèse principale sous-tendue par ce projet est qu’une analyse de l’action politique déployée par les acteurs concernés dans la confrontation socio-environnementale entre une force politique autochtone amérindienne, et d’autres agents tels que l’État ou des entreprises privées, doit prendre en compte une description anthropologique des ensembles culturels présents dans la région, à la lumière d’une sémiotique des régimes ontologiques qui permettrait d’attribuer une valeur précise aux paroles et aux actes politiques. En d’autres termes, il est nécessaire d’élargir les contours du fait politique conventionnel et chercher dans ce contexte particulier le ou les éléments par lesquels il s’exprime et les entités auxquelles il fait appel.

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