Klaus Hamberger

Maître de conférences EHESS, Enseignants Chercheurs

Laboratoire d’Anthropologie Sociale, 52 rue du cardinal Lemoine, 75005 Paris

Tél : + 33 (0)1 44 27 17 56

Courriel : Klaus Hamberger

Maître de conférences HDR, EHESS

Présentation (English below)

Mes recherches et enseignements portent sur plusieurs domaines de l’anthropologie – genre, parenté, rituel, récit – dont je vise une compréhension plus intégrée en les concevant par le prisme spatial. Dans cette optique, l’espace ne constitue pas tant un objet particulier qu’un outil fondamental de l’anthropologie. Ceci concerne ses bases conceptuelles autant que sa pratique, qui repose foncièrement sur le changement de lieu et de perspective. Je poursuis ce travail par deux voies principales : d’une part, une ethnographie de longue durée au Togo du Sud, d’autre part, un programme d’anthropologie comparative poursuivi dans le cadre de mon séminaire « Espaces Sexués ».

La production spatiale du genre

Considérant que le genre consiste en ce que les personnes font plutôt qu’en ce qu’elles sont, je l’étudie comme le produit d’une polarisation de leurs interactions. Cette polarisation est spatiale à double titre : elle implique une certaine séparation dans l’espace et son critère réside dans la forme spatiale des actions, qui se masculinisent ou se féminisent dans la mesure où elles adoptent une forme plutôt pénétrative ou plutôt englobante. Ces dynamiques de polarisation sont multiples, opèrent à des degrés variables et à plusieurs échelles – gestes, postures, mobilités –, de sorte que le genre, en tant que « style » spatial, se décline en une multitude de formes complexes dont il s’agit de comprendre les variations.

La parenté comme logique de l’espace

Si la « maison » a pu servir de modèle pour repenser les réseaux de parenté, c’est qu’elle est un nœud de mouvements : produit d’un mouvement qui engendre un nouvel espace au sein d’un espace englobant, elle devient à son tour le vecteur de mouvements qui la connectent à d’autres « maisons », tout en la structurant de l’intérieur. La topologie de la parenté se présente autant comme une architecture d’englobements que comme un tissu de circulations. Le défi des études de la parenté consiste à articuler la dynamique de ces circulations avec les transformations de perspective qui en résultent. Ce volet de recherche s’inscrit dans une coopération continue avec le groupe TIP (« Traitement Informatique de la Parenté »).

L’espace rituel comme dispositif transformateur

Le rituel constitue un passage de l’espace familier à un espace « autre » qui entraîne un changement du point de vue et de la « géométrie » tout entière. Ce changement de géométrie va souvent de pair avec l’émergence de nouveaux foyers d’interaction, de sorte que l’espace « autre » est expérimenté comme l’espace « de l’autre ». Cette expérience modifie autant les schémas d’interaction que la conscience de l’espace en tant que système de transformations de perspective. Même sans impliquer un façonnage physique ou un enseignement explicite, les rituels initiatiques servent ainsi aussi bien à modeler qu’à modéliser les corps et les espaces. Afin de comprendre comment ces deux dimensions sont liées, je recours à des méthodes relevant des deux : l’étude comparative de rituels documentés et l’expérience pratique de rituels expérimentaux.

Fabriquer des espaces imaginaires

Le « passage » d’un espace quotidien à un espace « autre » ne nécessite pas forcément un déplacement mais peut être amené par des modifications sensorielles et interactionnelles qui réorientent l’imagination pour faire émerger un espace virtuel au sein de l’espace actuel. Largement mobilisée par l’art, cette production d’espaces imaginaires constitue un prototype des techniques symboliques, et on peut se demander dans quelle mesure elles préfigurent les techniques discursives. Pour explorer ce rapport entre espace et parole, je me focalise sur le conte merveilleux, genre narratif qui vise à faire expérimenter aux auditeurs un parcours initiatique imaginaire. Ce volet combine également l’étude comparative avec l’expérience pratique, dans le cadre d’un stage de terrain en coopération avec le festival du conte à Privas.

Thèmes de recherche et encadrement

J’encadre des thèses de doctorat et des mémoires de master dont les sujets se situent au croisement des thèmes suivants :

  • Anthropologie spatiale
  • Anthropologie du genre
  • Anthropologie de la parenté
  • Anthropologie du rituel
  • Anthropologie du conte
  • Anthropologie de l’Afrique de l’Ouest

Presentation (English version)

My research and teaching focus on several areas of anthropology - gender, kinship, ritual, oral literature - which I aim to understand in a more integrated way through a spatial prism. In this view, space is not so much a particular object as a fundamental tool of anthropology. This concerns its conceptual foundations as much as its practice, which is fundamentally based on the change of place and perspective. I am pursuing this work through two main avenues: on the one hand, a long-term ethnography in southern Togo, and on the other hand, a programme of comparative anthropology pursued within the framework of my seminar "Espaces Sexués (Gendered Spaces)".

The spatial production of gender

Considering that gender consists of what people do rather than what they are, I study it as the product of a polarisation of their interactions. This polarisation is spatial in two aspects: it implies a certain separation in space and its criterion lies in the spatial form of actions, which become masculinised or feminised insofar as they adopt a rather penetrative or rather encompassing form. These dynamics of polarisation are multiple, operate to variable degrees and on several scales - gestures, postures, mobilities - so that gender, as a spatial ‘style’, is diversified in a multitude of complex forms whose variations I attempt to understand.

Kinship as logic of space

If the ‘house’ has served as a model for rethinking kinship networks, this is because it is a node of movements: emerging from a movement that generates a new space within an encompassing space, it in turn becomes the vector of movements that connect it to other ‘houses’, while at the same time structuring it from within. The topology of kinship is as much an architecture of encompassments as it is a fabric of circulations. The challenge of kinship studies is to articulate the dynamics of these circulations with the resulting transformations of perspective. This project is part of an ongoing cooperation with the group TIP (‘Traitement Informatique de la Parenté – Kinship and Computing’).

Ritual space as a transformative device

Ritual constitutes a shift from the familiar to an ‘other’ space, which leads to a change of perspective and of the ‘geometry’ as a whole. This change in geometry is often accompanied by the emergence of new foci of interaction, so that the ‘other’ space is experienced as the ‘other’s’ space. This experience changes both the patterns of interaction and the awareness of space as a system of perspective transformations. Even without involving bodily modifications or explicit teaching, initiation rituals thus serve both to shape and model bodies and spaces. In order to understand how these two dimensions are related, I use both the comparative study of documented rituals and the practical experience of experimental rituals.

Producing imaginary spaces

The ‘passage’ from an everyday space to an ‘other’ space does not necessarily require a change of place but can be brought about by sensory and interactional modifications that reorient the imagination so that a virtual space emerges within the actual space. Widely mobilised by art, this production of imaginary spaces constitutes a prototype of symbolic techniques, and one may ask to what extent they prefigure discursive techniques. In order to explore this relationship between space and speech, I focus on the fairy tale, a narrative genre that aims to make the audience experience an imaginary initiatory journey. This project also combines comparative study with practical experience, in the framework of a fieldwork training course in cooperation with the Privas Folktale Festival.

Research topics and supervision

I supervise Ph.D. and master’s theses whose subjects are at the intersection of the following themes

  • Spatial anthropology
  • Anthropology of gender
  • Anthropology of kinship
  • Anthropology of ritual
  • Anthropology of the folktale
  • Anthropology of West Africa

 

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