Recherches | Axes de recherche


Mondialisations et ethnographies globales

Ce cinquième axe vise à décrire et analyser les phénomènes de mondialisation contemporains. Le premier volet d’investigation est l’étude des pratiques afférentes au transfert des populations (humaines, animales et végétales), des informations, des richesses, des pouvoirs ou des formes de prestige d’une formation politique à l’autre, entre localités, provinces, régions et/ou continents. L’enjeu problématique est de déterminer par qui, pourquoi, où, et comment s’opèrent la mise en mouvement de flux, la mise en réseau de lieux, et l’interconnexion de sphères d’activités distinctes entre formations politiques souveraines. Le second volet complémentaire est l’étude du changement social et culturel à l’oeuvre dans l’ensemble des sphères d’activité mises ainsi en relation, et dont les conditions d’exercice se trouvent modifiées par cette mise en circulation et ces procédés d’acculturation. L’enjeu est de rendre intelligible cette corrélation typique des phénomènes de mondialisation, en caractérisant la nature des transferts opérés, la nature des formations politiques ainsi reliées, et celle des changements et transformations en cours. Le traitement de telles problématiques implique l’aménagement des méthodes ethnographiques et leur adaptation à de tels objets d’étude, de par l’extension nécessaire des données empiriques produites dans la durée et dans l’espace, afin de déployer l’observation participante au croisement des temporalités et au coeur des jeux d’échelles. Il s’agira ainsi de développer l’ethnographie globale à partir des enquêtes multi-cas et multi-sites, pouvant être collectives et longitudinales, et sur lesquelles sont susceptibles de se greffer des techniques d’investigation propres à l’histoire (l’utilisation d’archives et de documentation), à l’archéologie (la réalisation de fouilles), à la sociologie (l’emploi d’entretiens semi-directifs et de questionnaires) et à la géographie (l’usage des images satellites, des S.I.G et de la cartographie). 

Les recherches conduites en ce sens au LAS se focaliseront plus particulièrement sur certains types de transferts et de changements propres à des régions et continents spécifiques. Ces travaux relèveront de trois domaines. 


Accaparement des terres et droits de l’homme 

Il s’agira d’étudier les violences armées, déplacements forcés et dispositifs (inter-)étatiques et coutumiers de médiation et de résolution des conflits (Maghreb, Moyen-Orient) ; la politisation et les revendications souveraines des mouvements indigènes (Amazonie, Australie, Papouasie Nouvelle-Guinée, arc himalayen) ; les investissements de capitaux occidentaux et asiatiques dans la réalisation de projets agro-industriels et miniers, ainsi que la reconfiguration juridique et coutumière des régimes d’appropriation foncière (Amazonie, Océanie, Océan indien) ; enfin, les adoptions transnationales et l’internationalisation des droits des minorités sexuelles depuis l’Europe.


Invention des traditions et transnationalisme

Les analyses porteront sur la propagation et la stabilisation des techniques de codification des savoirs, en particulier des écritures dans l’ensemble du continent amérindien ; les phénomènes d’acculturation au sein des diasporas des mégapoles européennes ; le syncrétisme et l’invention des traditions religieuses parmi les royautés sacrées et divines (Asie, Océan Indien), au sein des mouvements prophétiques scripturaires de l’Afrique subsaharienne, et dans les dispositifs auto-sacrificiels propres aux attentats-suicides diffusés depuis l’Asie du sud ; la propagation à travers les NTIC de rumeurs sorcellaires et d’épisodes de lynchage et de justice populaire (Afrique subsaharienne) ; la « sportivisation » des luttes traditionnelles concourant à l’émergence de nouvelles territorialités urbaines en Afrique de l’Ouest. 


Santé globale

Seront ici prises en considération : les technologies de reproduction médicalement assistée en France et dans le monde arabo-musulman, et la gestation pour autrui en Europe, aux USA et en Inde ; la circulation des biomatériaux (organes, embryons, cellules souches) et la constitution de nouvelles formes de biocapital et de bioéconomies (biobancking, bioprostecting) ; ainsi que la gestion des pandémies et des crises sanitaires en Asie orientale et en Europe à travers la normalisation des techniques d’anticipation et de l’élevage animal.


 Équipes concernées

« Anthropologie de la perception »

« Anthropologie comparative des sociétés et cultures musulmanes »

« Relations hommes/animaux »

« Parenté et logiques relationnelles »

Collège de France
CNRS
EHESS
Labex TransferS
PSL Research University

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